Homélie du 31e dimanche du Temps Ordinaire

31 octobre 2021

Il y avait de quoi s’y perdre pour un juif.

Voilà un scribe qui se présente à Jésus. Il était sorti des écoles juives. Il connaissait bien la loi et il connaissait finalement les 613 commandements. À force d’en rajouter le peuple juif n’avait pas seulement 10 commandements mais bien 613.

613 articles pour jalonner toute la vie. Vous savez de temps en temps dans les évangiles, il est question de l’un ou l’autre de ces commandements.

Un jour où les disciples de Jésus eurent faim ils se mirent à arracher et à manger des épis de blé. Scandale : « Voici tes disciples qui font ce qui n’est pas permis un jour de sabbat. » Mt 12,1

Ou bien, un évènement encore plus étonnant. Le jour d’une fête juive Jésus guéri un infirme près de la piscine de Bézatha à Jérusalem. Depuis 38 ans cet homme était infirme. Et Jésus lui dit :
« Lève-toi, prends ton grabat et marche. » Aussitôt l’homme fut guéri, il prend son brancard et marche.

Malheur de malheur, des juifs voyant marcher l’infirme lui disent : « C’est le sabbat, il n’est pas permis de porter ton brancard. » Jn 9,10

Voilà donc un scribe qui voudrait bien savoir ce qui est le plus important dans tous ces commandements. Il a envie de mettre un peu d’ordre dans tout ça.
Autour de lui, on avait souvent discuté pour hiérarchiser tous ces préceptes. Il s’approche donc de Jésus qui donne souvent des réponses nettes et inattendues.

La question est simple, directe : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Et Jésus ne se contente pas d’en désigner un. Il en énonce deux.

Le premier tient à la formule qui faisait partie de la prière quotidienne des juifs :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… »

Le second provient aussi d’un livre de la Bible.
« Tu aimeras le prochain comme toi-même ».

Jésus ne veut pas les séparer. Ce qui fait l’unité des deux formules, c’est :
« Tu aimeras »

« Il suffit d’aimer » disait Bernadette de Lourdes.
« Je serai l’amour » disait Thérèse de Lisieux.

Nous aussi, nous avons, de temps en temps, besoin de remettre un peu d’ordre dans nos affaires.

Il faut ranger les armoires, faire le tri et enlever ce qui ne sert plus, mettre en bonne place ce qui sert souvent. C’est parfois l’occasion de retrouver des choses que l’on croyait perdues. On ne savait plus où on les avait mises.

Je crois que, dans notre vie, le risque est grand de passer à côté de l’essentiel. Nos occupations sont tellement multiples que… que même notre foi, notre baptême est encombré par de multiples détails secondaires.

Quel est le premier de tous les commandements ?
Vous connaissez la réponse.
Quel est l’essentiel de toutes nos occupations ?
Vous devinez la réponse.

Jésus en faisant de toute la Loi ancienne un commandement unique, fait de l’amour le commandement qui vaut plus que tout.

Quelles révolutions si les chrétiens, si l’Église revenait massivement à ce commandement qui doit inspirer toutes nos occupations.

Tout à l’heure, je citais Thérèse de Lisieux « Je serai l’amour », à l’approche de la Toussaint, je peux y faire référence plus largement :

« je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était BRÛLANT d’AMOUR. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L’AMOUR ÉTAIT TOUT, QU’IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX… EN UN MOT, QU’IL EST ÉTERNEL ! … Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : Ô Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, MA VOCATION, C’EST L’AMOUR !… Oui j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’AMOUR… ainsi je serai tout…
ainsi mon rêve sera réalisé !… »

AMEN

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