Homélie du 14e dimanche du Temps Ordinaire

5 juillet 2020

Il est une question… plutôt une constatation, qui nous fait dire de temps en temps : pourquoi tel ou tel a du mal à croire ?
Y en a qui croient, d’autres qui restent, semble-t-il, loin du message du Christ.
Il y en a qui apparemment ont compris… d’autres pas.
Jésus, dans l’Évangile de ce jour, le dit à sa manière : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits. »
Les tout petits ont saisi quelque chose de Dieu, les sages-les savants sont restés comme aveugles, comme sourds au message.
Dieu se fait connaître des tout petits et non pas des sages et des savants qui cherchent sans doute ailleurs. C’est quand même étonnant !
Pourquoi la porte semble-t-elle ouverte aux uns et fermée aux autres ?
Ça me fait penser à ce mot noté sur le cahier au fond d’une chapelle d’hôpital :
« je vais bientôt mourir. J’ai 35 ans. J’ai une maladie incurable. Chaque jour qui passe me rapproche de Dieu. Alors je me permets de vous dire : quelles que soient nos divergences d’idées, d’éthique, de religion : soyons tolérants. Essayons de comprendre. Aimons-nous, car finalement tout est amour. Et il ajoutait à propos de la chapelle : il est 3 h. du matin. Merci pour ce saint lieu ouvert en permanence. »
Elle est peut-être là, la clé, non pas dans ce qu’il essaie d’exprimer avec des mots, son expression de foi est encore maladroite. Mais il y a, dans ce temps qu’il se donne à 3 h. du matin, en la chapelle, suffisamment d’humilité et de douceur pour s’ouvrir au mystère.
Pourquoi un tel s’ouvre-t-il à l’amour de Dieu ? Pourquoi tel autre reste-t-il loin ?
Qu’est-ce que nous dit Jésus à travers l’Évangile d’aujourd’hui ? La vie avec Dieu, ce n’est ni savant, ni compliqué, ni affaire de calcul tatillon. Pour comprendre Dieu, il ne suffit pas d’apprendre des leçons. Il faut être doux et humble de cœur, et Jésus emploie une curieuse image.
« Prenez sur vous mon joug » ; au temps de Jésus on savait bien ce qu’est un joug : une pièce de bois, très lourde, très solide, qui attache deux animaux, deux bœufs normalement, pour labourer. Un joug = une seule pièce de bois, deux points d’appuis. Deux points d’appuis : la douceur et l’humilité.
Visiblement c’est bien de cela dont Jésus parle, il l’avait d’ailleurs exprimé à travers les deux premières béatitudes : Heureux les pauvres de cœur, heureux les doux.
« ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits. »
« ce qui reste caché aux sages et aux savants, est révélé à ceux qui sont doux et humbles de cœur. »

C’est un constat évident : nous manquons de douceur, et nous manquons beaucoup d’humilité.
Marthe Robin avait partagé cette réflexion (nous sommes en 1930, elle est confinée dans sa chambre depuis plus de dix ans) : « oh que j’aimerais étudier pour pénétrer dans la profondeur des mystères ! Parfois j’envie ceux qui ont le bonheur de faire de la théologie ! », mais elle ajoute aussitôt : « mais l’oraison, la divine contemplation dépasse de bien haut en connaissances, en amour, en puissance, les plus fortes études. »
La prière, le silence expérience plus profonde, plus lumineuse, plus féconde, que la science… Une âme peut être ignorante de beaucoup de choses et être capable de savoir aimer Dieu splendidement.
Il y avait chez Marthe Robin beaucoup de douceur et énormément d’humilité.

AMEN !

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